Trekking en Tanzanie

Voici le récit de mon voyage en Tanzanie, effectué il y a  bientôt 4 ans. Bonne lecture....

 

5 juillet 2006

Avion à l'heure, départ à 8h00 de CDG pour Amsterdam. Ca y est, on a enfin décollé pour ce voyage tant attendu depuis tant d'années... On arrive à Kilimandjaro Airport, entre Moshi et Arusha, vers 19h00. A l'arrivée nous attend notre accompagnateur francophone, Joseph, qui nous tiendra compagnie durant toute la durée du séjour. Nous sommes conduit au lodge à Arusha. Pendant le trajet, nous parlons un peu avec Joseph, qui nous apprend quelques mots de swahili, comme, le plus important: "karibu", pour dire "bienvenue". Au lodge, on a pour chambre une petite case typique très mignonne, propre et bien arrangée. Puis on se prépare pour aller manger, et demain, levé à 6h30 pour un départ à 8h00, direction le Lengaï.

 

6 juillet 2006

Hier soir, le match de la Coupe du Monde de Football France-Portugal a été diffusé au lodge. Ne nous l'avons pas regardé jusqu'au bout, mais nous sommes passés voir le score après le repas, ils en étaient à 1-0 pour la France... Sinon, ce matin, p'ti déj à 7h15. On s'est levées à 6h30, sauf qu'arrivées à table, nous nous rendons compte que l'on a une heure d'avance...erreur de réglage du réveil... En ce moment, les coqs chantent, il pleut, fait encore nuit, comme hier soir à notre arrivée à l'aéroport. Hier soir, au moment de s'endormir, c'étaient les chiens qui aboyaient... et là, Anne vient de découvrir une petite limace qui évolue sur le plafond de notre case...

On a maintenant pris la route depuis quelques heures en direction du Lengaï. On devrait avoir 6 à 7 heures de trajet. En ce moment, on approche du Lac Manyara, qui se trouve dans la vallée du rift. Au bord de la route, nous voyons beaucoup de petites huttes, des Massaï et des enfants gardant des troupeaux de chèvres, des ânes...Le paysage est aride autour de nous, avec tout de même quelques arbres et arbustes. Dans l'immensité de la plaine massaï, les huttes comme les troupeaux et leurs gardiens se fondent dans le paysage. Là on vient de s'arrêter dans un marché au bord de la route, où il y avait surtout de la vente de bétail, d'objets divers : chaussures faites dans des pneus, colliers...

   

Puis nous avons repris la route... Japhet, notre chauffeur, nous parle un peu des montagnes alentour. Nous passons entre deux sommets, le Gelaï et le Kitumbeine. Le premier était apparemment actif avant le Lengaï, puis lorsqu'il s'est éteint, c'est là que le Lengaï s'est formé et est rentré en éruption. D'ailleurs, le Lengaï, de son nom massaï "Ol Doinyo Lengaï", signifie "La Montagne des Dieux", et ce parce que la montagne crachait du feu (ben oui, logique pour un volcan!), et pour les gens de l'époque, il ne pouvait s'agir là que d'une manifestation divine. Et comme il est toujours en activité, ça signifie que les Dieux habitent toujours en haut, et que de nombreux miracles vont encore se réaliser.

   

Un peu plus tard, nous arrivons à notre campement, au bord du lac Natron. A peine les sacs déposées, nous repartons en direction du Natron, son nom venant de "natrium" étant donné sa forte teneur en sodium. Là-bas, nous y voyons des flamands roses, face à un lac majestueux qui s'étend vers l'horizon. Puis retour au camp à la tombée de la nuit. Dîner à table, éclairés de lampes à pétrole... On a mangé de la soupe à la courgette puis des pâtes bolognaises, pour faire le plein d'énergie avant l'ascension du lendemain. 

 

7 juillet 2006

Nous nous sommes levés dans la nuit, à 23h15. Couchés juste après le repas, nous avons eus environ deux heures de sommeil. On s'habille, un bon thé chaud, et c'est parti! Nous décollons en jeep géante à 0h00. Le temps de s'approcher du Lengaï, nous croisons quelques zèbres sur notre route... Nous montons sur les premières hauteurs du volcan, il est 00h53 quand nous attaquons la pente plus raide. On sait à ce moment là que l'on en aura pour environ 6-7 heures de montée. On ceommence par une piste sablonneuse (en fait un mélange de terre et de cendre) peu pentue. Tout cela sous un magnifique clair de lune, qui nous dispense dans un premier temps de l'utilisation de notre lampe. Puis la pente augmente progressivement et le terrain se charge de cailloux et de pierres instables. On monte vers le sommet en emprumtant une ravine, dont le fond est recouvert de cendre grise et de blocs instables, derrière notre guide massaï qui a un très bon rythme, et qui nous fait répéter souvent "pole-pole", qui signifie "plus doucement" en swahili.

 
Puis la dernière partie, la plus difficile à mes yeux, recouverte de dalles de lave solidifiée comportant des blocs rocheux de diverses tailles et bien ancrés, sur lesquels l'adhérence est parfaite. Sur cette partie-ci, le clair de lune a disparu et on commence tous à beaucoup fatiguer. En fait, la pente est telle que nous devons grimper à quatre pattes. Se mettre debout nous déporterait en arrière. De plus, les tendons d'Achille commencent à se faire violemment sentir. Joseph me prend mon sac, ce qui m'aide considérablement à grimper. Puis après pas si longtemps que ça, nous arrivons au sommet où le spectacle promet d'être splendide. 

Dès que l'on se trouve sur les bords de la caldeira, une forte odeur de soufre, la même qu'à Vulcano, nous saisi. Nous nous dirigeons alors vers le centre du cratère. Là, un trou permet en temps normal d'apercevoir de la lave rougeoyante... enfin, on ne s'est pas trop penché non plus.... si bien que nous n'en voyons pas (mais je pense que de toutes manières elle était solidifiée en surface à ce moment là), mais nous sentons une chaleur émanent du sol et quelques souffles gazeux font de gros bruits sourds. La carbonatite, lave noire qui devient blanche en refroidissant, est majestueuse. De nombreuses zones sont craquelées, blanches en surfaces et plus sombre en profondeur. En fait, la couleur de la lave solidifiée est plus ou moins blanche selon la teneur en eau. Plusieurs hornitos crachent de la fumée, sans doute très riche en soufre.

   

Le soleil ne tarde pas à se lever, et là, un spectacle grandiose s'offre à nous. Ce soleil rouge qui se lève dans la brume matinale, avec au premier plan un cratère de neige fumante de soufre par de petites cheminées disséminées, c'est réellement somptueux. Du haut de la caldeira, on peut avoir une vue d'ensemble sur le cratère avec le lac Natron en arrière plan, mais nous n'y montrons pas. 

Sans trop tarder, nous attaquons la descente, moment d'extrême solitude pour mes quadriceps. Dans la première partie, très raide, je maîtrise plutôt pas mal. Puis beaucoup plus bas, je glisse et tombe. En fait, mon sac qui était mal fermé s'ouvre, je perds quelques objets, j'essaie de les rattraper plus ou moins bien, et c'est ça qui déclenche la chute.... Et à partir de ce moment là, plus rien ne va! Mes jambes ne répondent plus et mes quadriceps ne sont plus réceptifs. Ca ne fait même pas mal, mais ils sont comme vidés de toute sensation. Alors je dois marcher les jambes tendues et les genoux bloqués, en me servant quasimment de mes bâtons de rando comme béquilles, sinon, c'est la chute assurée! Et je dois dire que sur ce sol glissant et instable, c'est pas gagné! Enfin, Anne en est à peu au même point que moi, et même ceux qui arrivent en bas avant nous sont bien fatigués. Mais bon, le somptueux paysage de la descente nous donne une excuse pour nous octroyer quelques pauses bien appréciées.

   

Une fois redescendus, nous retrouvons Japhet, qui nous ramène à notre camp. Le retour se fait à 11h30, donc depuis le matin, nous avons marché 10 heures environ, avec un effort tout de même assez soutenu. Il paraît que le Kili est beaucoup plus facile techniquement, mais que la difficulté réside dans le manque d'oxygène. 

Une fois au campement, nous nous douchons et déjeunons avant de repartir, direction Mto Wa Mbu, ce qui signifie en swahili "La rivière aux moustiques"!. Cet endroit se trouve près du cratère du N'Gorongoron zones de conservation des espèces vivantes. Les Massaïs y habitaient il y a longtemps, puis en ont été chassés. Maintenant, quelques uns s'y trouvent encore et y gardent leurs troupeaux. Cette zone de conservation se trouve elle-même à l'intérieur du parc national, jouxtant le Serengeti.

Nous arrivons au lodge à Mto Wa Mbu, où nous installons notre campement, sur une aire de verdure à côté d'une piscine. Sur les dalles qui la bordent, des tables et des chaises avec des parasols. Exténués par l'ascension du Lengaï et la chaleur, nous nous posons là et commandons des bières fraîches. Il y a soit des "Kilimanjaro", soit des "Safari", la première étant un peu plus douce que la seconde. Désaltérantes à souhait, elles nous requinquent quelque peu avant le dîner. Juste avant de manger, je vais avec Hélène et Paul à un petit magasin à l'entrée du lodge. Mais les prix exorbitant nous dissuadent de tout achat. Avant d'aller se coucher, Anne et moi allons faire trempette dans la piscine. L'eau est fraîche en y rentrant, mais tellement bonne après quelques brasses.

 

8 juillet 2006

Départ pour le N'Gorongoro en début de matinée. L'aire de conservation que nous allons visiter a été créée en 1974 pour protéger les écosystèmes ainsi que tous ses On descend dans le cratère en jeep géant, pour un safari d'une journée. Toutes les espèces y sont magnifiques, et tellement belles dans leur habitat naturel. Les troupeaux de gnous et de zèbres ne se comptent plus, tant ils sont nombreux.

   
   
   
   

Nous quittons le parc en fin d'après-midi, et nous campons à Karatu. 

   

9 juillet 2006

Nous repartons vers Arusha dans la matinée. En arrivant au lodge, nous commandons à manger, attendons pas mal de temps pour que ça arrive, et pour ma part je déguste une montagne de tacos au fromage. Puis nous faisons le point avec Joseph à propos de l'ascension du lendemain., et notamment au niveau de la route empruntée et du poids des sacs que nous préparons dans l'après-midi. 

10 juillet 2006

 

Le lendemain matin, nos sacs bouclés, nous passons à la pesée. Notre sac doit peser 9 kg maxi. En effet, les porteurs ont chacun 20 kilos sur le dos: deux sacs de touristes et deux kilos pour eux. Une fois ce contrôle effectué, nous partons en direction de Machame Gate, où un deuxième contrôle de pesée a lieu. Pendant ce temps, nous attaquons les premières pentes du sommet tant convoité. Nous marchons six heures environ au travers d'une forêt riche de podocarpus, cahoutchoutiers, fougères géantes, bégonias et autres ficus. Le sol extrêmement boueux ressemble au chemin d'accès du Trou de fer à la Réunion. Puis la forêt tropicale laisse place aux hautes herbes et bruyères arborescentes. Nous arrivons en fin d'après-midi à notre campement, à Machame Camp, à 3000 mètres d'altitude.



11 juillet 2006

Aujourd'hui, nous allons rejoindre Shira Camp, à 3800 mètres. Jusqu'à présent, l'altitude la plus haute à laquelle je m'étais trouvée était 3300 mètres, à Val Thorens, en France. Nous empruntons un chemin escarpé à travers une savane de hautes herbes, de bruyères à barbes de lichen... Puis les premiers séneçons géants, comme autant de sentinelles d'un trésor inviolé. Le sentier plus escarpé nous conduit, à travers un paysage de lave, de grottes, et de ruisseaux au bord desquels poussent les lobélies, jusqu'aù plateau de Shira. En y arrivant, nous faisons une halte avec Joachim, Philippe et Catherine, pour ramasser les plus beaux fragments d'obsidienne. 



Le plateau de Shira, ancien cratère érodé, forme maintenant aiguilles et cathédrales. Le couché de soleil ne tarde pas, et nous restons avec Philippe, "scotchés" devant un si beau spectacle. Lorsque le soleil décline, le sommet du Kili prend une teinte vermillon flamboyante, tandis qu'à l'opposé, les nuages entre les montagnes donnent un air de "Voyageur au dessus de la mer de nuages". 

 

Après un frugal repas, nous regagnons tous nos tentes, bien au chaud dans nos duvets. Une envie pressante en pleine nuit me tire de mon sommeil, et quoique très peu motivée, je sors dans le froid. La nuit est cristalline et les étoiles scintillent dans la voûte céleste. La lune qui domine le sommet du Kili enneigé, fait étinceler ses glaciers. Le paysage est inqualifiable de fraîcheur et de pureté.

12 juillet 2006

Dès à présent, nous sommes réveillés tous les matins par un "Hello! Tea or coffee?" La boisson chaude qui nous arrive directement dans notre tente nous permet un réveil en douceur, et une transition vers le froid matinal extérieur. Ce matin, nous nous dirigeons vers Barranco, à 3900 mètres. 100 mètres de plus, ce n'est pas beaucoup, sauf que pour ça, nous allons passer à Lava Tower, à 4600 mètres. Le paysage se fait de plus en plus désertique, la montée est régulière, et après quelques heures de grimpette, un repas chaud nous attend à la bifurcation: soit on descend directement vers Barranco, soit on continue de monter vers Lava Tower. Ce croisement est balayé par le vent, et nous nous réfugions à l'abri dans la tente mess. Puis c'est parti pour Lava Tower, mon pire souvenir. Le mal d'altitude me prend un peu avant le repas, vers 4200 mètres d'altitude et ne me quitte plus jusque dans la redescente vers Barranco. La montée vers Lava Tower, mis à part le mal d'altitude, se fait calmement. La paysage est désert et embrumé. La vue sur Uhuru Peak est bouchée, mais se dégage un peu plus tard dans la descente, au bord d'un gigantesque canyon, le Grand Barranco. Les séneçons qui poussent à foison, y sont très arrosés par d'innombrables petites cascades. Après environ six heures de marche, nous arrivons au camp. 

   

13 juillet 2006

A notre levé, le givre nous entoure. Le soleil illumine déjà le Kibo, mais notre petite vallée est encore toute gelée. Nous enfilons nos bonnets, et c'est parti vers Barafu Camp, à 4600 mètres, soit l'altitude de Lava Tower. Je me demande si le mal d'altitude va de nouveau venir d'embêter... Mais comme il est recommandé de boire énormément pour l'éviter, j'ai rempli toutes mes gourdes, bu deux ou trois thés avant le départ... et tout au long de la journée, je boirai 5 à 7 litres d'eau au total. 

   

Nous commençons par remonter la grande muraille du Barranco, qui semble quasi verticale de loin. Ce sera notre seule partie de réelle grimpette. Alors que nous nous tenons avec les mains pour grimper, nous voyons les porteurs, soit en train de tenir leur charge, en équilibre plus ou moins stable, ou bien s'aidant des mains, la tête extrêmement droite sous leur paquetage. Impressionnants!!!! 

Puis, après une succession de descentes et de montées, nous mangeons à Karanga Valley, à 3930m, soit 30 m seulement au dessus de Barranco Camp. C'est le dernier endroit où il est possible de se procurer de l'eau avant le sommet. Après la traversée d'une zone désertiquement pierreuse, nous entamons une dernière grimpette, et après 6-7h de marche depuis ce matin, le camp se dresse alors bientôt devant nous, avec vue sur le Mawenzi. "Barafu" signifie "glace" en swahili, et le camp porte sans doute ce nom en raison de sa proximité avec le Glacier Rebmann, un peu plus haut au nord-ouest. 

   

14 juillet 2006

Ce matin, ou plutôt cette nuit, alors que les militaires français vont bientôt se préparer à défiler sur les Champs Elysées, nous nous levons à 23h00 pour conquérir le sommet de l'Afrique. Nous prenons un thé vers 23h30 et décollons à 00h00, direction Uhuru Peak. Il fait très froid mais nous sommes très motivés pour l'ascension.



Nous entamons une grimpette raide sur des dalles de roche volcanique, illuminées uniquement par nos loupiottes et le clair de lune, toujours au rendez-vous pour nos départs nocturnes, jusqu'au pied des Glaciers Ratzel et Rebmann. Les glaciers suspendus rendent la nuit cristalline encore plus glaciale. Nous faisons de courtes pauses pour s'hydrater (altitude oblige) et prendre quelques ravitaillements. Cela nous permet de reprendre notre souffle, pole-pole, mais nous donne un peu plus envie de dormir. Puis nous repartons, pour bientôt entamer une série de zig-zag sur une pente de cendres, qui paraît infinie. Nous avons dormi environ 3 heures cette nuit, et le froid et le manque d'oxygène n'arrangent pas trop nos conditions physiques. D'autant plus que la nuit donne l'impression de marcher dans le flou vers un but inaccessible. Je suis contente d'avoir mis deux sachets de maté de coca à infuser dans ma gourde remplie d'eau chaude, mais qui refroidi tout de même très vite. L'eau étant gelée dans nos pipettes de camel-back, nous devons nous arrêter à chaque fois que nous voulons boire, au risque de nous refroidir si l'on tarde trop à repartir. En levant la tête, nous voyons les glaciers et apercevons au loin Stella Point. Mary qui marche devant se cogne les pieds l'un contre l'autre à chaque pas, et j'avance en les fixant, pole-pole. Lors d'un bref arrêt, Anne s'assoie et décide, fatiguée, d'arrêter là l'ascension. Elle redescend un peu plus tard avec Séraphin, notre deuxième guide, tandis que nous poursuivons. Là je me dis que je dois coûte que coûte arriver au sommet, ne serait-ce que pour lui raconter. Mais la fatigue me pèse aussi, et l'aide de Joachim qui me prend mes bâtons et me tient la main est la bienvenue. Je me souviens encore des abricots secs que Cathy me donne pour me donner un peu de sucre. Je les considère tout autrement maintenant, ces fruits secs! Au bout de 6 heures de marche exténuante, pole-pole, aux premières lueurs de l'aube, nous arrivons à Stella Point. 



Déjà très fiers de cet exploit, Joachim nous dit qu'il reste encore 1 heure pour atteindre le sommet, quelques mètres plus loin. Nos pas sont infiniments lents mais réguliers, et le soleil, astre bienfaiteur, agit rapidement sur mon psychisme et me voilà, réchauffée, entamant ces derniers mètres. Le chemin caillouteux passe aux abords du glacier, et c'est avec un immense plaisir, que marchant entre les pénitents de glace, je foule les neiges du Kilimanjaro. Un dernier petit effort et nous atteignons Uhuru Peak, 5895m, où nous nous tombons dans les bras. Après quelques traditionnelles photos, nous amorçons bientôt la redescente. Le mal d'altitude se fait sentir chez quelques uns du groupe, alors que personnellement, je me sens toute ragaillardie.

   

La descente sera longue aussi, au moins 4h. Avant de repartir, j'ai récupéré quelques cailloux, notamment pour Anne. Dans la descente, le mal de tête revient, mais le plus dur est passé... Après une petite sieste de retour à notre camp à Barafu, dans une tente surchauffée par l'effet de serre. Le mal de tête me tenaille encore et j'ai l'impression d'avoir la tête qui bouillonne. Je me place une bouteille d'eau froide contre le visage et surtout le front pour m'aider à m'endormir. Puis après un repas énergétique, et après avoir bouclé nos sacs, nous repartons direction Mweka Camp, à 3100m et 4 heures de marche. Nous aurons ainsi marché 14h dans la journée, mon record! Nous arrivons au camp à 17h00, et signons le registre une avant dernière fois! Le repas ne tarde pas, mais avant le dessert, je quitte la tente mess pour rejoindre mon douillet duvet. Anne, qui me rapporte une bouteille d'eau chaude pour me servir de bouillote, me trouve endormie dans la tente. Je ne l'entend même pas entrer... sommeil de plomb ou du juste... 

15 juillet 2006

Aujourd'hui, dernier jour. En repartant de Mweka Camp, vers 8h00, on a du mal à s'imaginer que ce soir nous quittons déjà la Tanzanie. Nous atteignons Mweka Gate, après 4h00 de marche dans la forêt humide, au sol boueux et détrempé, en pleine discussion avec Joachim sur la vie en France, ses projets d'apprendre le français et de venir visiter notre beau pays... A Mweka Gate, nous signons le registre pour la dernière fois, attestant ainsi que nous sommes bien redescendus. Après un repas (de bananes, me concernant), les porteurs et guides se rassemblent pour nous chanter la chanson du Kili... Remerciements et au revoir à tout le monde.... 



Joseph et Joachim nous raccompagnent jusqu'à notre voiture. La route qui traverse des plantations entières de bananiers et caféiers, nous mènera tout d'abord à Moshi, puis à Kia Lodge, à proximité de l'aéroport, afin que nous puissions nous laver avant de repartir. Les lingettes c'est bien, mais rien ne vaut une bonne douche! Après deux douches et trois shampoings, je rejoins les autres installés dans des fauteuils près du bar, à attendre les plats qu'ils ont commandés. 



Puis après quelques heures, nous rejoignons l'aéroport et ne tardons pas à embarquer dans notre avion. Passage par Dar-es-Salaam pour récupérer des passagers et faire le plein de kérosène. Mais les cuves n'étant pas assez approvisionnées, nous faisons une escale imprévue au Caire à 4h00 du matin, avant de repartir vers Amsterdam, puis Paris, où nous arriverons avec quelques heures de retard.